HOSANNA

Le 20 Octobre dernier, Cédric Lachat défrayait à nouveau la chronique, libérant en trois coups de cuillère à pot une nouvelle grande voie extrême dans les gorges du Verdon. Hosanna, puisque c’est d’elle dont il s’agit, à été équipée par Patrice Glairon-Rappaz en 2012, à l’extrême droite du secteur très en vogue de la Ramirole. 

Accompagné de son acolyte Fabien Dugit, il n’aura fallu à Cédric qu’un seul et unique essai pour tordre ce monstre de continuité de 160 mètres pour 60 mètres d’avancée ! Les deux compères avaient repérés et calés toutes les longueurs de la voie lors d’une première visite avant de revenir quelques jours plus tard pour l’assaut final. 

Au menu, cinq longueurs estimées à 8B, 8B/+, 8B/+, 8C, 7B+… l’addition est vite faite, « Hosanna devient la grande voie la plus dure de France et l’une des plus dures au monde » dixit notre machine Suisse !

Bien évidemment, si je vous parle de cet exploit ici c'est que j'étais dans les parages ! Cédric m'as demandé de rejoindre l'aventure afin d'être à leur côtés lors de l'enchainement pour illustrer leur ascension. 

Travailler dans une telle face n'était pas une mince affaire, histoire de vous donner un aperçu de ce que nous avons vécu, je vous propose ma version des faits, rédigée pour Grimper magazine

Quelques jours plus tôt, un autre projet m’avais amené à travailler à la Ramirole, on m’avait alors parlé de cette fameuse Hosanna. J’avais jeter un oeil le lendemain à la ligne et je me rappelle m’être dit que faire des images dans ce dévers serait une sacrée mission… 

Deux semaines et quelques sms plus tard me revoilà à la Ramirole, pendu sur ma stat, dans la première longueur de Hosanna pour photographier notre suisse national…

Le boulot de photographe nous amène à être aux premières loges, nous sommes les premiers témoins de l’action, au plus près du grimpeur lorsque son assureur est 40 mètres plus bas. C’est une place de choix où on assiste au pire comme au meilleur. 

Cette fois-ci, Cédric m’en a donné pour mon argent ! 

On est passé par toutes les émotions. Lorsque Cédric a arraché une prise au deux tiers de la troisième longueur, j’ai compris à son regard qu’il était dépité et que la suite serait compliquée. Il avait déjà beaucoup donné. Pourtant il a pris sur lui, recalé une nouvelle séquence sans cette prise puis il a rejoint le relais tant bien que mal et a remis un essai ! Lorsqu’il m’as rejoint au relais quelques minutes plus tard on étais hallucinés et contents mais on savait que le plat de résistance nous attendait juste au-dessus dans cette énorme planche à 60°.

Le portaledge nous a permis de décompresser et de raconter quelques conneries avant cette dernière longueur clé. L’ambiance était vraiment top avec Fabien et Cédric, tout roulait, chacun savait ce qu’il devait faire. Ils se connaissent vraiment bien et savent se mettre dans les meilleures conditions pour abattre ce genre de projet, mais là, très franchement je donnais pas cher de notre peau…Cédric semblait vraiment fatigué et la nuit n’était pas si loin. 

Il a décidé de remonter dans la voie pour recaler les mouvements puis est redescendu sur le ledge et s’est encordé aussi sec pour mettre un essai ! Il savait que c’était la dernière cartouche, qu’il fallait pas faire d’erreurs. Je crois que j’ai vibré autant que lui dans le dernier crux de la voie, j’étais au grand angle donc vraiment très près, c’était juste fou !!

On savait que l’affaire était pliée, la dernière longueur n’était qu’une formalité. Il ne restait plus qu’a fêter ça dignement !  

Franck Andolfato était également de la partie avec son drone et nous offre ces quelques images hallucinantes pour une vidéo signée BartAs Productions !